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Des établissements bien gardés Non classé

L’Ehpad est par essence un lieu ouvert aux résidents, à leurs proches, aux personnels de santé et aux prestataires. Cependant, il doit aussi se prémunir contre les actes de malveillance. Éléments de réponse pour résoudre cette périlleuse équation.

 

Même si certains estiment que, par de tels propos, ils défendent avant tout l’intérêt qu’il y a à les solliciter, les spécialistes de la sécurité des établissements sanitaires et médicaux-sociaux sont formels : les Ehpad ne sont pas épargnés par certains délits, essentiellement les cambriolages. «  Comme les hôpitaux, ils sont de plus en plus visés », assure Jacques Rossignol, Directeur commercial de Synchronic, société spécialisée dans la sécurité électronique. « On commence à voir apparaître des gens qui sont spécialisés dans ce genre de délits. Le plus souvent, ils sont bien habillés et se promènent l’air de rien dans les couloirs. Ils visitent les chambres et volent ce qui traîne. Un Ehpad doit gérer sa sûreté au même titre que tout établissement médical. Il faut protéger l’environnement du résident en faisant barrage à l’intrusion », renchérit Jean-Michel Laziou, P.D.G. de Sectrans-CP Conseils, bureau d’études spécialisé en ingénierie de sûreté.

Pas de psychose, de la vigilance

Cependant, difficile de trouver des statistiques qui permettent de mesurer le phénomène et d’anticiper son évolution. « Nous n’avons pas de chiffres ni de remontées significatives. Ce n’est donc pas un sujet que nous évoquons en interne », confirme Florence Arnaiz-Maumé, Déléguée générale du Synerpa. Reste que sans verser dans une psychose que rien ne justifie, la vigilance est évidemment de mise. À noter qu’en la matière, on parle de sûreté plus que de sécurité, cette dernière ayant une acception beaucoup plus large puisqu’elle englobe notamment la protection contre l’incendie.

Concrètement, comment s’y prendre ? Outre le fait de passer en revue les points sensibles de l’établissement et les moyens de les surveiller (lire ci-contre), il faut également résoudre une question essentielle : à qui est dévolue la gestion de l’ensemble du dispositif ? En somme, faut-il l’externaliser ou pas ? Quelle que soit l’option choisie, il est indispensable de désigner un responsable de la sécurité au sein de l’Ehpad. Même si ce n’est pas lui qui va l’assurer au quotidien sur le terrain, il sera le référent qui veillera au respect des procédures et que l’on consultera en cas de problème.

Externaliser ou pas ?

Pour le reste, la solution la plus simple, mais aussi la plus onéreuse, est d’embaucher un gardien qui assure la surveillance de l’établissement et qui est affecté au PC sécurité quand il en existe un. Mais beaucoup de directeurs n’ont pas les moyens de financer un tel poste ou considèrent que la taille modeste de leur établissement ne justifie pas un tel arsenal. L’autre option consiste, comme le font les particuliers, à faire appel à une société de télésurveillance. Les moyens de communication (Internet et téléphonie mobile) leur permettent de contrôler à distance et vingt-quatre heures sur vingt-quatre l’ensemble du système, qu’il s’agisse des caméras, des interphones ou encore des défauts de badgeage. S’il y a une suspicion d’effraction ou d’intrusion, un vigile se déplace pour effectuer les vérifications nécessaires. Seul problème, le délai d’intervention peut être assez long quand il ne se trouve pas à proximité de l’Ehpad. Par-delà le modus operandi en vigueur, un déclenchement d’alarme doit évidement toujours être… discret afin de ne pas susciter de mouvement panique chez les pensionnaires et ne pas les inquiéter.

La satisfaction de toutes ces exigences peut paraître insurmontable tant en termes de coût que de travaux d’installation. Cela n’est pas forcément le cas d’après Jacques Rossignol : « Aujourd’hui, il existe des procédés de sécurisation assez simples qui ne nécessitent pas une mise en chantier importante puisqu’il s’agit de solutions sans fil. Il n’y a donc pas besoin de tirer du câble ni de faire des saignées dans les murs. » Dès lors, pourquoi s’en priver ?

Alexandre Terrini

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