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Le handicap, un enjeu de la loi sur l’Autonomie Les interviews

Ancien délégué interministériel aux personnes handicapées, Patrick Gohet a été chargé, en février dernier, par Michèle Delaunay et Marie-Arlette Carlotti d’animer un groupe de travail sur l’avancée en âge des personnes handicapées. Ces recommandations devraient inspirer un volet « personnes handicapées vieillissantes » dans le futur projet de loi sur l’Autonomie dont la copie devrait être prête pour la fin de l’année.

En quoi consiste votre mission alors que certains affirment que tout a déjà été dit sur le sujet…

Patrick Gohet : Il y a beaucoup à faire sur le sujet même si l’on a énormément progressé avec la loi de 2005 sur le handicap. Nous avons aussi pour objectif de redonner de la visibilité à ce qui a déjà été analysé, suggéré et réalisé. Mais, jusque-là, il n’y avait pas eu, à l’échelon national, de réflexion sur l’avancée en âge des personnes handicapées. Notre priorité est d’analyser les dimensions sociétales et globales de ce phénomène, les moyens que l’on a pour l’appréhender et la diversité des réponses que cela nécessite. Quel regard porte-t-on sur la personne handicapée qui avance en âge ? Et puis, le sujet n’a pas été suffisamment exploré concernant la vie au domicile alors que la majorité des personnes handicapées vivent et souhaitent vieillir chez elles.

Quelles pistes préconisez-vous ?

P. G : L’avancée en âge a forcément des conséquences sur l’évolution d’une institution. S’il s’agit d’un établissement d’hébergement, cela provoque des besoins de médicalisation accrus et un changement dans l’accompagnement. Avec, à la clef, des questions de réorientation des objectifs, de transformation architecturale etc. Il est aussi possible de déployer le concept de Foyer d’accueil médicalisé (Fam) en Ehpad et de réfléchir à un accès, à titre individuel, des personnes handicapées au sein d’un Ehpad. Ce sont toutes ces questions que nous avons examinées lors d’une première étape avant d’aller sur le terrain observer différentes formules assez exemplaires. Si l’on veut que notre rapport soit efficient et qu’il contribue à l’édification d’une politique durable, on ne peut pas faire l’économie de cette démarche.

Quels sont les besoins en formation des professionnels en Ehpad pour adapter la prise en charge aux ­personnes handicapées ?

P. G. : Ce point est très important. Il a fait l’objet d’une réunion du groupe avec les organismes de formation et les gestionnaires de structures sur les besoins en formation initiale et continue. Outre cette dimension, nous aborderons d’ailleurs aussi le sujet, primordial, de la coordination car il y a énormément d’acteurs sur le terrain, tant en ce qui concerne la prise en charge des personnes handicapées que celle des personnes âgées. Mais notre travail s’inscrit aussi dans un contexte général où l’on étudie, par exemple, les conditions d’une évolution du statut juridique des Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) en les transformant en Maisons départementales de l’autonomie (MDA). Ce qui met en exergue les similitudes entre ce dont les personnes âgées et les personnes handicapées vieillissantes ont besoin. On voit ainsi se développer progressivement les contours de ce que l’on peut appeler une politique de l’Autonomie.

 

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