A la une

Banner Ads Top

« Nous nous devons de protéger nos retraités » 360°, Au quotidien, Interview, L'actualité de la semaine, Les interviews

europe

Tribune de Jordan Bardella

L’accession d’Emmanuel Macron à la présidence de la République a lancé un nouvel élan dans la déconstruction de notre système français de protection des plus faibles et notamment dans le système de retraite de nos aînés.

Ayant largement contribué à le faire élire, les 17 millions de retraités que compte notre pays se sont retrouvés étourdis par la violence des prélèvements que l’Etat souhaitait récupérer sur leur dos. Le 1er janvier 2018, 60 % des retraités ont ainsi subi une augmentation de plus de 25 % de la CSG. Le taux qui leur était applicable est en effet passé de 6,60 % à 8,30 % sans la moindre compensation financière ; un large bénéfice pour l’Etat qui a augmenté son imposition au titre de la seule année 2018 de 4,7 Milliards d’€*.

Le mouvement des gilets jaunes qui est né du ras-le-bol fiscal s’est largement et justement emparé de la question des retraites. Les retraités ont abondé sur les ronds-points et font encore partie des franges de population au cœur de ce mouvement social inédit. Ils ont décidé de se faire entendre et de ne plus subir en silence. Il était temps !
En effet, déconsidérés car sortis de la vie active, les retraités repartent à la conquête d’un espace politique d’où ils ont été mis dehors par des élites mondiales, européennes et nationales beaucoup plus obsédées par la rentabilité directe que par la transmission entre générations et la logique de protection des actifs à destination des mal-nommés « inactifs », plus jeunes ou plus âgés.
La caricature qui a été faite des retraités est honteuse : de riches épargnants égoïstes et peu soucieux du reste du monde. C’est mépriser cette génération qui, accédant souvent aux statuts de grands-parents, est pleinement investie dans la prise en charge affective et pédagogique des générations suivantes. Quand ils ne donnent pas parfois, hélas, de vrais coups de pouce financiers à leurs enfants actifs mais étouffés par la pression fiscale ou par le chômage. Rétablir le respect à l’égard de ces générations qui ont contribué à faire grandir la France que nous connaissons est un préalable avant tout rétablissement d’un respect fiscal.

L’implication des retraités a eu un tout petit début de résultat : A la suite du mouvement des gilets jaunes, une partie de ces retraités assujettis devraient voir cette hausse annulée en mai 2019. Mais c’est oublier qu’il restera qu’au moins 50 % des retraités soumis initialement à cette augmentation de la CSG qui continueront à en être victimes.

Signe que la volonté d’Emmanuel Macron ne s’infléchit pas : le gouvernement a décidé qu’en 2019 et 2020, la revalorisation des pensions de retraite de base ne serait que de 0,3 %, alors que, traditionnellement, cette revalorisation est indexée sur les prix. Le manque à gagner pour l’ensemble des retraités français dépassera selon les estimations les 7 Milliards d’euros.
Malgré une critique de la part du Conseil Constitutionnel concernant l’année 2020, le Ministère des Comptes Publics a maintenu que « ces dispositions ont vocation à être à nouveau soumises au Parlement dans le cadre des textes financiers pour 2020 ».

Afin d’améliorer dès aujourd’hui leur quotidien, je demande donc que, dès mai 2019, des textes financiers rectificatifs soient présentés et votés au Parlement afin que :

  • La hausse de 1,7 point de la CSG soit annulée, à compter du 1er janvier 2019, pour tous les retraités qui y sont assujettis et non pour une partie, comme cela découle des annonces du 10 décembre 2018.
  • La revalorisation de toutes les pensions de retraite de base soit indexée sur l’inflation, là encore à effet du 1er janvier 2019.
  • L’allègement significatif des droits de succession qui touchent profondément les Français attachés à la transmission soit appliqué

Nous nous devons de protéger nos retraités et réaffirmer les fondements de nos valeurs de société. Une société plus juste, plus équitable, plus respectueuse. Nous ne laisserons pas nos aînés sur le bord du chemin.
Je m’y engage.

 

*Commission des Comptes de la Sécurité Sociale

Laisser un commentaire

2 × trois =