Repenser l’Ehpad d’aujourd’hui

Afin de mieux répondre aux attentes de leurs résidents, les Ehpad devront opérer des changements culturels et professionnels très forts. Il s’agit de tenir compte du rythme de vie des seniors et de réformer certaines pratiques.

 

« Jusqu’ici, même si le travail effectué sur le terrain était remarquable, la tendance était d’amener le résident à s’adapter aux contraintes de l’établissement et de la vie en collectivité, en termes de rythme de vie, de prise des repas et d’activités, note Didier Sapy, Directeur de la Fédération nationale avenir et qualité de vie des personnes âgées (Fnaqpa). Or, à mon avis, cela devra évoluer : les établissements devront s’adapter non seulement aux besoins médico-techniques des résidents mais aussi à leur rythme. » Il s’agit-là d’une question de souplesse et de posture à adopter au sein des équipes. À ce propos, Didier Sapy cite une anecdote dont on lui a fait part : « Un nouveau résident se levait tous les matins vers quatre heures et se mettait à tourner en rond dans sa chambre. Dans une logique de projet de vie individuel, le personnel de l’établissement a essayé de connaître les attentes de ce résident et a découvert qu’il s’agissait d’un ancien agriculteur qui, auparavant, se levait à l’aube pour ensuite aller travailler. Son seul souhait était de boire un bol de café à quatre heures du matin. L’établissement concerné doit désormais être capable d’adapter son fonctionnement et de répondre à cette attente. L’avenir des maisons de retraite passer par là. » Et par une augmentation de moyens humains et financiers mais pas seulement. « C’est un tout, estime Didier Sapy. Cela requiert notamment une dynamique très forte de la part des directeurs d’établissements impulsée dans le cadre du projet d’établissement et des projets d’accompagnement. »

Former

Les nouveaux résidents seront de moins en moins faciles à prendre en charge, du fait de leurs pathologies plus lourdes et de leurs exigences. Une prise de conscience de cette nouvelle population en Ehpad est nécessaire. « Il faut que nous nous remettions un peu en cause quant à nos pratiques et cela ne pourra se faire que par la formation des équipes », estime Stephan Meyer, vice-Président de la Fédération française des associations de médecins coordonnateurs en Ehpad (FFAMCO). Exemples : des formations sur le handicap ne serait-ce que pour rappeler ce qu’est une personne handicapée et pour savoir comment elle vieillit par rapport aux personnes non handicapées, ou encore des formations pour repenser l’organisation de l’Ehpad la nuit. « Le personnel effectue parfois jusqu’à trois tours dans les chambres la nuit pour vérifier que les personnes ne sont pas mouillées et, ce faisant, il les réveille, relève Stephan Meyer. Or, cela n’est plus nécessaire puisque l’autonomie des changes dure aujourd’hui douze heures. » Ce qui justifie, selon lui, de casser les habitudes et de s’orienter vers de nouvelles méthodes que les médecins coordonnateurs et les directeurs devront mettre en place.

Repenser les profils de poste

Les budgets étant serrés, il convient également de repenser les temps de travail et les profils de poste puisqu’il faut, entre autres, davantage d’aide aux résidents pour se laver, se nourrir et se déplacer. Pour le vice-Président de la FFAMCO, les lieux de vie que sont les Ehpad devront devenir des « lieux de préservation de l’autonomie », grâce à toutes les thérapeutiques qui existent, à commencer par les thérapeutiques non médicamenteuses, afin de préserver les facultés physiques et intellectuelles des personnes âgées. Certains établissements optent, quand ils le peuvent, pour des professionnels de santé du type ergothérapeutes. A cet égard, certains développent des partenariats avec des associations locales pour proposer des activités artistiques ou physiques aux résidents. Stephan Meyer a quant à lui beaucoup travaillé sur l’incitation au mouvement : « J’ai mis en place un projet baptisé “Âge en mouvement“ par lequel de jeunes retraités viennent aider des personnes plus âgées à bouger, détaille-t-il. Nous avons démontré que trois séances d’activité par semaine préservaient plus longtemps l’autonomie des seniors et évitaient considérablement le nombre de chutes ».

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« Rester attentifs aux nouvelles méthodes innovantes »

Virginie Ben, Directrice de la Villa Beausoleil de Loisy-sur-Marne (Marne).

«  Lorsque l’on travaille en Ehpad, il faut du cœur mais il faut aussi des techniques. C’est pourquoi nous formons annuellement toutes nos équipes, soignantes comme non soignantes, à la philosophie de soins de l’Humanitude depuis plusieurs années pour améliorer la prise en charge des personnes en perte d’autonomie. Et pour continuer à améliorer celles de nos résidents de plus en plus souvent atteints de maladies neuro-dégénératives, nous restons attentifs aux nouvelles méthodes innovantes du secteur gérontologique. Ainsi nous intéressons-nous  à la méthode de Naomi Feil, une psychologue américaine qui a créé une méthode basée sur l’empathie pour aider les familles et les soignants à mieux comprendre les malades d’Alzheimer et à diminuer leur anxiété. Les résultats sont impressionnants. C’est positif pour nos résidents comme pour notre personnel qui est beaucoup plus épanoui dans son travail. »

« Transformer l’obligation des évaluations internes et externes en opportunité »

Christine Passerat-Boulade, Directrice médicale et qualité au sein du groupe Le Noble Âge.

« Nous avons transformé l’obligation des évaluations internes et externes en opportunité afin d’apporter des méthodes et des outils au personnel. Après avoir fixé et sécurisé l’organisation de base des équipes, nous avons également laissé ces dernières exprimer leurs idées pour améliorer l’accompagnement des résidents et, par exemple, proposer de nouvelles activités.  Nous avons, en outre, fait le point sur nos programmes de tutorat et de formation. Nous sommes en effet dans une démarche de professionnalisation de nos personnels, notamment de nos maîtres de maison (responsables d’unités, N.D.L.R.), de nos coordinateurs d’animations et de nos chefs cuisiniers qui doivent, eux aussi, s’adapter à la prise en charge nutritionnelle particulière des résidents en situation de grande dépendance. Celle-ci est de plus en plus basée sur le principe de la finger food et des produits mixés ou hachés. Ces formations répondent aux attentes des résidents et des familles mais aussi des équipes qui souhaitent toujours s’adapter au mieux. »

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Questions fréquentes

Quel est le rendement moyen d'un investissement en EHPAD ?

Le rendement moyen d'un investissement en EHPAD sur le marché secondaire se situe entre 5% et 8% par an, selon l'exploitant, l'emplacement et l'état du bail commercial. Ce rendement est net de charges de gestion puisque l'exploitant gère tout.

Quels sont les avantages fiscaux du statut LMNP en EHPAD ?

Le statut LMNP (Loueur Meublé Non Professionnel) permet d'amortir le bien et le mobilier, réduisant significativement l'imposition sur les revenus locatifs. Les loyers perçus sont imposés au régime BIC, souvent plus avantageux que les revenus fonciers classiques.

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Peut-on revendre une chambre en EHPAD ?

Oui, la revente d'une chambre en EHPAD est possible sur le marché secondaire. Le prix de revente dépend du rendement servi, de la durée restante du bail et de la solidité de l'exploitant. Les délais de revente varient de quelques semaines à quelques mois.

L'investissement en EHPAD est-il risqué ?

L'investissement en EHPAD présente un risque modéré. Le bail commercial garantit les loyers indépendamment du taux d'occupation. Le principal risque est lié à la solidité financière de l'exploitant. La demande structurelle liée au vieillissement de la population soutient ce marché sur le long terme.

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